LE MANNEQUINAT D’OÙ ÇA VIENT ?

Le mannequinat nous viendrait de Charles Frederick Worth au XIXème siècle. Ce couturier français d’origine britannique est également le fondateur de la Haute-Couture (rien que ça…). Avec Worth l’artisanat de la mode est devenu l’art de la mode, c’est le premier créateur à réaliser des “collections” avec des périodicités.

Avant Worth les couturiers réalisaient des poupées habillées où se servaient de magazines de mode pour présenter leurs travaux, lui invente le mannequin vivant qu’il appellera alors le “sosie”.

Au début le métier de Sosie est jugé dégradant : en effet, pour l’époque, user de son corps pour dégager un revenu est réservé à la classe populaire, les sosies doivent donc être à l’image des potentielles clientes, mais pauvres. Jusqu’au XXème siècle le métier se retrouve donc associé à la prostitution. Pourtant le mannequin reste très pudique à cette période de l’histoire.

Au début du XXème siècle, tout change, le mannequin devient une vitrine, un idéal de beauté. Gabrielle Chanel formera ses mannequins, les choisissant à son image, elles sont recrutées sur ces critères : “grande, mince, chevilles fines et sans hanches”.

Les premiers mannequins reconnus émergent : Lisa Fonssagrives est considéré comme le premier top-model de l’histoire de la mode.

Après la seconde guerre mondiale c’est la naissance de l’agence Ford qui révolutionne les codes du genre. En France, l’école Ranville forme 70 jeunes filles par an au métier de mannequin : l’activité se professionnalise au fur et à mesure du temps.  

Avec l’arrivée des premières agences, arrivent aussi les premiers mannequins stars, faisant décupler les salaires de la profession, jusqu’alors très mal rémunérée. Un cliché marquera l’histoire de la mode : Dovima et les éléphants, laissant apparaître le modèle américain entre deux éléphants, dans une robe de soirée dessinée pour Christian Dior par Yves Saint Laurent : une de ses premières créations.

Avec l’arrivée du prêt à porter les codes changent : les mannequins sont plus jeunes, androgynes, moins sophistiqués, mais également plus minces.

Dans les années 70, l’agence aujourd’hui légendaire Elite ouvre ses portes. Jusque là les mannequins sont toutes des femmes blanches à la carrure élancée. C’est avec des marques comme Kenzo, Givenchy ou encore Yves Saint Laurent que le métier s’ouvre à des profils plus multiculturels, d’abord asiatiques, puis africains. Pourtant, malgré certaines exceptions comme Tyra Banks ou Naomi Campbell les mannequins noirs n’arriveront pas à s’imposer dans ce milieu fermé.

Les années passent et le métier évolue, les mannequins ne sont plus que des figurantes, les codes de l’esthétique se brouillent et certaines mannequins deviennent plus célèbre que les créateurs avec lesquels elles collaborent : Kate Moss en est le meilleur exemple. On ne parle plus de mannequins ou de topmodel, mais de supermodel : Cindy Crawford, Claudia Schiffer…

Malgré des carrières toujours éphémères et un métier laissant place à une beauté toujours très standardisée les mannequins sont passés de simples “cintre” à véritable égérie et stars en plus d’un siècle.

Malgré certaines exceptions comme Virgil Abloh à la tête de la Direction Artistique  de Louis Vuitton depuis 2018, le monde laisse encore trop peu de place à des professionnels d’origines ethniques variées. Seuls certains mannequins comme Soo Joo Park ou Adut Akech rencontrent un succès écrasant à l’international. Quelques mannequins d’Europe de l’Est arrivent toutefois à tirer leur épingle du jeux dans un milieu encore trop centré sur l’Europe Centrale et les Etat-Unis.

Et vous, quels sont mannequins favoris?

origines mannequinat